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Georges et Monique Stahl

Monique et Georges Stahl ont installé leur atelier à Laboule en sud-Ardèche. Pour certains c’est le bout du monde, pour eux c’est un cadre propice à leurs activités artistiques avec d’immenses châtaigniers, des cascades de granit et des ruisseaux scintillants.

Monique et Georges Stahl vous accueillent dans leur atelier avec la simplicité de ceux qui n’ont pas besoin d’en dire trop : leur art parle pour eux. Des pièces uniques qui déclinent la transparence du cristal et les subtiles variations colorées de la pâte de verre. Parfois, des blocs minéraux ou de vieux bois ravinés par le temps viennent répondre à ces éléments aériens.

De l’infime au monumental, Monique et Georges ont fourni mille oeuvres que l’on retrouve à travers le monde chez les collectionneurs, les galeristes ou dans les édifices publics.

Un long chemin avant d’en arriver là. Une première vie de professeurs d’arts plastiques dans l’est de la France puis l’envie de tout lâcher pour créer.

C’est chose faite en 1977 et le couple s’installe à Laboule. Potiers et céramistes tout d’abord pour cette deuxième vie. La vache enragée, naturellement. Une première sélection pour un salon à Nîmes et la féconde confrontation avec d’autres createurs qui les convainc de chercher encore, de ne pas s’endormir sur de fragiles lauriers. Alors, comme s’ils suivaient une courbe de température, celle qui permet de passer de la céramique au grès puis à la porcelaine, Monique et Georges évoluent vers un travail de plus en plus fin.

Certaines de leurs pièces sont éditées chez des porcelainiers de Limoges ou du Lot. Parvenus à la maîtrise de céladons d’une finesse translucide, ils ne se décident pas à s’enfermer dans la routine. C’est avec la recherche d’une association entre porcelaine et verre que commence leur troisième vie.

Du verre déformé à la chaleur qui enchâsse des pièces de porcelaine tout d’abord. Puis, du thermoformage on passe au travail de la pâte de verre. « Ce n’est pas une matière, c’est une technique » dit Georges. Une technique qui, contrairement au soufflage, est vieille d’à peine plus d’un siècle, ce qui explique la constante nécessité de recherche, d’invention. Des morceaux de cristal brut incolore, chutes de production de Lalique, reçus en vrac, débarrassés des scories, voilà le matériau de base.

Les couleurs qui teinteront le cristal dans la masse ? Une cuisine perso d’oxydes de fer, cuivre, cobalt, titane, et autre manganèse. La cuisson ? L’antique technique de la cire perdue : une forme en cire est entièrement entourée d’un moule en plâtre réfractaire. Le moule une fois sec est débarrassé de la cire dans une étuve puis empli de pâte de verre, mis au four et cassé après cuisson pour libérer l’ceuvre. Dit comme cela, ça semble tout simple, mais quand on sait que la montée à 10000 dure 15 heures et la cuisson... 15 jours, qu’il faut rajouter de la matière en cours de cuisson, que les tensions thermiques dans cette matière sont telles que, 10 jours après être sorties du four, certaines pièces peuvent encore éclater... Les formes ? un travail de sculpture, de modelage, de moulage, puis, après cuisson, de sablage, de taille, de perçage, de meulage, de polissage.

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